Qui suis je ?
Comment définir une personne en quelques lignes, surtout en faisant abstraction de ce que cette personne est soi, le un divisible, démultiplié, étiré, parfois perdu dans un labyrinthe confus et déboussoulée.
Je suis née dans la douleur, comme tout être en ce monde. Je n’ai pas demandé à naître, pas plus que ma mère m’a avoué avoir désiré me mettre au monde. Ironie du destin : je suis un enfant non avorté car je me suis accrochée malgré moi, et je me demande toujours : pourquoi ?
Je n’ai aucun souvenir de mon enfance ou si peu qu’ils peuvent compter sur les doigts d’une seule main. Ai-je été traumatisée par un épisode dont je veux faire l’impasse ? Je n’en sais et n’ai pas envie de laisser aux médecins réducteurs de tête de dérouler le fil. Mes névroses, je m’en nourris, et les nourris de mes écrits.
La mort a souvent voulu de moi ; et j’ai, hélas, très souvent voulu d’elle. C’est ainsi, je n’y peux rien : nous nous retrouvons souvent face à face, et pour l’instant nous restons sur un statut quo – lors que je sais pertinement qu’elle me mettra mat tôt ou tard. La question est de savoir : où, comment et à quel moment ? Le reste est dérisoire. Nos vies sont dérisoires. Je ne faillis pas non plus à cette simple constation, sans amertume aucune, c’est un FAIT.
Je suis complexe et alambiquée. Tortueuse et torturée sous des dehors charmeurs, ou rieurs. Je montre un masque que parfois j’enlève, brièvement, le temps d’une rencontre où d’un trouble sentiment. J’ai peur d’obtenir ce que je souhaite le plus au monde et parfois m’ingénie à détruire ce que je désire le plus au monde, de peur d’être rejetée de nouveau, encore et toujours.