Qui suis je ?

Comment définir une personne en quelques lignes, surtout en faisant abstraction de ce que cette personne est soi, le un divisible, démultiplié, étiré, parfois perdu dans un labyrinthe confus et déboussoulée.

Je suis née dans la douleur, comme tout être en ce monde. Je n’ai pas demandé à naître, pas plus que ma mère m’a avoué avoir désiré me mettre au monde. Ironie du destin : je suis un enfant non avorté car je me suis accrochée malgré moi, et je me demande toujours : pourquoi ?

Je n’ai aucun souvenir de mon enfance ou si peu qu’ils peuvent compter sur les doigts d’une seule main. Ai-je été traumatisée par un épisode dont je veux faire l’impasse ? Je n’en sais et n’ai pas envie de laisser aux médecins réducteurs de tête de dérouler le fil. Mes névroses, je m’en nourris, et les nourris de mes écrits.

La mort a souvent voulu de moi ; et j’ai, hélas, très souvent voulu d’elle. C’est ainsi, je n’y peux rien : nous nous retrouvons souvent face à face, et pour l’instant nous restons sur un statut quo – lors que je sais pertinement qu’elle me mettra mat tôt ou tard. La question est de savoir : où, comment et à quel moment ? Le reste est dérisoire. Nos vies sont dérisoires. Je ne faillis pas non plus à cette simple constation, sans amertume aucune, c’est un FAIT.

Je suis complexe et alambiquée. Tortueuse et torturée sous des dehors charmeurs, ou rieurs. Je montre un masque que parfois j’enlève, brièvement, le temps d’une rencontre où d’un trouble sentiment. J’ai peur d’obtenir ce que je souhaite le plus au monde et parfois m’ingénie à détruire ce que je désire le plus au monde, de peur d’être rejetée de nouveau, encore et toujours.

Publié dans: on février 4, 2008 at 6:32 Laisser un commentaire

La voix off

Dans ce genre de métier, parfois il vaut mieux utiliser le principe de la voix off car il y a des réponses que l’on prononce à voix haute et d’autres qui viennent spontanément en tête mais qu’on évite de dire pour éviter de froisser la susceptibilité du client.

  • Le classique « les fourberies d’escarpin ». Quel libraire ne l’a pas entendu au moins une fois au cours de sa carrière.

  • A une de mes collèges : « vous avez la métamorphose de Kafka… mais je ne connais pas le nom de l’auteur ». C’est comme la couleur du cheval blanc d’Henri IV, ça ne s’explique pas !

  • Un client, en désignant un dictionnaire « vous avez l’intention de le solder en fin de saison ? » sous prétexte que le dictionnaire est un millésime. Bien sûr, ce sont des fringues que nous vendons, pas des livres. Il faut savoir que l’on solde un ouvrage au bout de deux ans de stock en magasin et, bien évidemment, les dictionnaires annuels sont retournés au fournisseur dès que possible.

  • En parlant de mode justement : « Je dois lire l’Ile des esclaves de Jean Pierre Cardin ». Tu te ferais jeter rapidement sur question pour un champion toi. Oui mais bien sûr l’art et la manière de faire des amalgames.

  • « Et je dois passer en caisse avec le livre ? » Réponse du vendeur : « ce serait préférable en effet ». Et la voix off de mettre les gyrophares : « vaux mieux l’ami, sinon tu peux aussi le piquer mais un conseil, t’as intérêt à courir plus vite que le vigile ».

  • Vous pouvez m’indiquer votre rayon des zotoris ? » (zotoris, zotaris, otaries ? Animaux… hum non, ah oui, ok , le clan des otoris après quelques secondes de réflexion).  On amène la dame devant le rayon jeunesse  : « mais non c’est pas ça, c’est le rayon qui parle des rêves ! » (zotoris = ésotérie ou en langage clair esotérisme !!!)

  • Une chose enfin : inutile de nous parler d’un livre rouge, bleu ou jaune à petit pois : Electre s’en fout de la couleur, ainsi que nous : nous voulons des faits, des mots clés, un éditeur ou un auteur. Alors que le livre soit rouge et petit comme celui de Mao, ça aide pas et ça fait pas avancer le schmilblick

 

Publié dans: on février 1, 2008 at 6:40 Laisser un commentaire

Un petit jeu sans conséquences

Prenez un jour – le samedi par exemple. Un lieu – un centre commercial de préférence bondé, bien entendu, et essayez-vous à ce petit jeu : un pas en avant, un pas de côté, marchez vite en regardant droit devant vous. Le but est des plus idiots et inutiles qui soit bien sûr. Eviter la foule qui s’avance vers vous chargée de courses – toutes plus superflues les unes que les autres (vive le consumérisme effréné !). Dépasser ceux qui marchent devant vous de manière nonchalente, très nonchalente. Il n’y a pas de satisfaction autre que celle de se faufiler dans la foule comme si vous étiez le personnage d’un jeu vidéo sommaire des années quatre vingt; comme si vous étiez une pièce d’un tétris à l’échelle humaine. Et puis de temps en temps, vous croisez des spécimens dans votre genre qui s’appliquent bizarrement à jouer au même jeu que vous. Aussitôt vous les regardez en esquissant un sourire comme pour leur dire : “moi aussi”.

Publié dans: on janvier 3, 2008 at 1:08 Laisser un commentaire

Attrapes moi si tu peux

Mon lapin est un vrai cabot. Malgré les heures de liberté à fôlatrer dans mon deux pièces, c’est toujours un parcours du combattant que de le faire rentrer dans sa cage lorsque vient l’heure de s’emmitoufler sous ma couette A force de ruses, de jeux du chat et de la souris, d’énervement ou de cajôleries, on y arrive à peu près en cinq minutes voire plus quand le capricieux se montre rétif aux ordres et se planque derrière le meuble télé en pensant que je ne l’ai pas remarqué. Et puis, ça s’esquive très vite un lapin…

Publié dans: on octobre 18, 2007 at 11:51 Laisser un commentaire

Interruption de nos programmes dûe à une défaillance technique

Aujourd’hui nous sommes restés dans la pénombre durant trois quarts d’heure. Les plombs qui sautent et nous voilà privés d’ordinateurs et de téléphones sans pouvoir travailler, puis à errer dans les rayons sous une semie obscurité, et enfin à nous planter mon collègue et moi, devant le panneau des dvd où j’ai commenté tous les films que j’avais vu afin de le conseiller sur le choix de sa location du week end. (Il faut bien passer le temps…).

Et comme la panne s’éternisait, nous avons dûs évacuer les rares clients afin d’éviter la fauche.

Véridique : je n’invente rien. Même en rire ne suffit plus.

Pas de panique à bord, le commandant assure que l’avion ne va pas plonger dans les océans même si l’aile droite vient de crâmer sous nos yeux… et  nous avons toujours l’option “gilets de sauvetages”, on n’est jamais trop prévoyants !

Publié dans: on septembre 28, 2007 at 11:07 Laisser un commentaire

Ma Muse Emoi

7 ans de réflexion, de désir mutuel et d’amour qui ne me quitte pas.

Au début ils avaient l’air de rien, des gamins souffreteux, malingres et habillés comme des sacs. Surtout celui du milieu, le plus chétif au visage de musaraigne. Oui, car ils étaient trois. La gourmande allez vous me dire. Pfff, si vous saviez….

Si vous saviez que mon amour pour eux a empiré de mois en mois, d’années en années et qu’il reste constant malgré tout ce temps. Je désire les écouter comme ils désirent que je les glisse dans un sachet.

Ils me sont apparus timidement mais je n’étais pas réceptive à l’époque. Je picorais ailleurs. J’étais déjà infidèle.  C’est un petit jeune homme à peine sorti de l’adolescence qui me les a présenté, pour mon grand plus grand bonheur de mélomane. Quoi ? vous pensiez que je vous parlais de qui ? Mais Muse bien sûr !

C’est le seul groupe qui est à même de me faire vibrer partout où je me trouve et je me prends à les fredonner dans la rue au risque de passer pour une folle aux yeux des passants. Je les écoute tous les matins dans le métro. Parfois j’arrête quelques jours, quelques semaines pour mieux les retrouver, mes amants impatients. Ils ont le don d’allier tout ce que j’aime : la pop, le rock aux accents métalliques, la mélancolie russe toute Rachmaninovienne, et les délires musicaux en tout genres. Un poil mégalo depuis qu’ils ont fait du chemin, les petits, mais c’est si bon de se laisser aller dans le même trip. Je ne peux expliquer comment, pourquoi, ni par quel mystère je les adore. Mais je puis vous affirmer ceci : cela me prend dans les tripes, indéniablement ; certains morceaux me renvoyant à une saudade toute délicieuse. J’en redemande alors.

Et vous savez quoi ? Cette année, notre amour a abouti et ce fut grandiose : je les ai enfin vu sur scène. Deux heures hors du temps. Un pur régal pour mes oreilles.

Mon quartier

… est au croisement de deux univers, deux ambiances colorées. D’un côté, le quartier chinois où pour quelques euros on peut s’acheter un menu que l’on s’empresse de rapporter chez soi quand on a la flemme de se faire à manger ou tout simplent quand on a le désir de se dépayser. Entre Chine et Japon vous avez le choix – sushis, sashimis, porc aigre douce, poulet aux épices parfumées : tout est bon pour contenter d’aise votre estomac. Il est agréable de s’y promener en été, lorsque le lendemain vous ne travaillez pas, et que vous passez la soirée à savourer tous ces mets délicats entre amis. Si vous le souhaitez, vous pouvez continuer à longer la rue où forces pubs vous attendent afin de désaltérer votre gosier en feu. On appelle communément cette rue, la rue de la Soif. De l’autre côté, l’orient vous tend les bras. Odeur de menthe fraîchement coupée, de kébabs dégoulinants de sauces toutes plus grasses les unes que les autres. Au centre névralgique de mon quartier, le marché, à raison de trois fois par semaine. Le dimanche, il est quasiment impossible de s’y frayer un chemin parmi une foule dense. Certains vous écraserons les pieds sans s’en excuser, voire vous regarderont d’un air mauvais lorsque que vous oserez protester. Parfois vous aurez tout de même droit à un «pardon» gêné qui vous surprend agréablement. Puis il y a les mères de familles accompagnées de leurs moufflets qui tentent de forcer le passage. Le plus dur reste à s’échapper de ce goulet d’étranglement qui vous amène directement devant les étals des marchands. Une fois que vous aurez accompli(e)s toutes vos emplettes, généralement au bourt d’une bonne heure et demie, vous rentrerez chez vous fatigué(e)s, content(e)s, et votre portefeuille quelque peu délesté.

A une heure du matin, il peut vout arriver de rendre  votre DVD au vidéo club d’à côté sans vous faire importuner le moins du monde alors que dix minutes plus loin, il ne fait pas bon se promener si tard le soir. Ce sont les aléas de la carte géographique où vous faites la transition entre les bons et mauvais quartiers d’une simple balade pédestre.

Mon quartier est vivant, agréable, remuant – un peu trop quand les étudiants le traversent en beuglant des chansons paillardes d’une voix avinée. Mon quartier se targue même de recevoir officieusement l’appellation très à la mode de «bobo».

Publié dans: on septembre 21, 2007 at 12:35 Laisser un commentaire

20 septembre 2007

Ce matin je me suis réveillée avec ce sentiment étrange que je ne t’aimais plus, ou tout au moins que je t’aimais plus modérément, comme si une partie de moi s’était finalement résignée à ne plus espérer un signe de toi, comme si je m’étais enfin anésthésiée, ce coeur qui refuse d’admettre qu’il a tort, que tu ne m’aimeras jamais, que je ne te manques pas…

 Me voilà devenue raisonnable.

Je ne sais pas si je dois me réjouir de cet état de fait.

Publié dans: on septembre 20, 2007 at 12:45 Laisser un commentaire

Décision

J’ai dû prendre une décison qu m’engagerait pour un bon bout de temps – trois ans. Après l’excitation de cette phrase magique : « vous m’intéressez », encore faut-il songer sérieusement à ce que ce oui implique. Après avoir pesé le pour et le contre durant 5 jours, je suis parvenue à la conclusion que je ne pourais pas sauter du train pour grimper dans un autre.

J’ai donc pris mon téléphone et renoncé à un poste qui m’aurait electrisé mais payé en dessous de ce que je pouvais prétendre, pour rester dans un autre qui malgré tout m’assure une relative sécurité financière.

La vie est injuste parfois.

Publié dans: on septembre 19, 2007 at 1:12 Laisser un commentaire

Relooking express

Le bleu c’est bien – c’est même l’une de mes couleurs préférées – mais il commençait à me sortir par les yeux, alors après de multiples essayages digne d’un shopping fiévreux, j’ai finalement opté pour ce rouge de saison. Car oui j’anticipe sur l’automne. En espérant que mes feuilles ne tombent pas aussi vite…. Et puis c’est bien aussi le rouge.

Publié dans: on septembre 16, 2007 at 7:09 Laisser un commentaire